Laelith

Un peu d’histoire française (Cocorico)

Laelith, c’est une cité imaginaire née en 1985 dans le n°35 du magazine Casus Belli et écrite par de grands noms du jeu de rôle français : Denis Beck, Didier Guiserix, Tristan Lhomme, Pierre Rosenthal, Jean-Marie Noël et j’en passe…. Le speech est simple : une cité gigantesque aux airs de Constantinople où toutes les religions vivent en harmonie sous l’égide d’un monarque divin, le Roi-Dieu. Laelith est une cité pouvant s’importer dans n’importe quel setting : de nombreux l’ont joué dans les Royaumes Oubliés, mais elle trouve autant sa place dans le sud des Terres d’Osguild ou tout autre univers fantastique. En bref, Laelith, c’est une cité « clé en main »... En tout cas, c’était l’idée de départ.

Car la passion de ses auteurs lui ont redonné vie trois fois : une fois en 1991 dans un Hors Série de Casus Belli synthétisant son existence entre 1985 et 1991, une seconde fois en 2000 dans un nouvel Hors Série de Casus Belli promettant une Laelith 20 ans après (édition soumise à polémique car tous les auteurs n’ont pas été sollicité pour sa rédaction… Black Book Editions ne la reconnait pas comme canon) et enfin une dernière fois en 2016 lors d’un financement participatif organisé par Black Book Editions : une version « ultime » de plus de 1 000 pages d’ouvrage qui ne mit pas moins de 4 ans à voir le jour. Cet article se base sur cette version uniquement.

Laelith, un univers à part entière

Alors qu’est-ce qui fait de Laelith une cité aussi unique ? Laissez-moi vous en donner un avant goût…
Tout d’abord, sa géographie : Laelith est bâtie sur un plateau incliné. Entre le point bas et le point haut de la cité, il y a plus d’un kilomètre de dénivelé. Ce plateau est fissuré en deux et le gouffre béant qui s’épare le nord du sud de la cité se nomme « la Faille ». Face à la cité s’étend un lac gigantesque qui se nomme l’Altalith. L’Altalith se jette dans la Faille et créé un fleuve qui se nomme l’Inlam.

Du fait de sa topographie, Laelith est une cité organisée en « terrasses » : des quartiers construits sur des plateaux d’altimétrie égale. Les six terrasses sont : la Main qui Travaille, au sud de la cité, quartier des artisans, la Chaussée du Lac, face à l’Altalith, quartier de pêches et assez mal famé, la Prospérité, quartier du commerce et des arts, le Nuage, quartier de la connaissance, et la Haute Terrasse, le quartier des nobles-courtisans mais surtout quartier où est bâti l’imposant palais du Roi-Dieu, monument surplombant l’entièreté de la cité. Plus les terrasses sont hautes, plus elles sont riches. Néanmoins, cela n’empêche pas la mixité : il n’est pas rare de voir des nobles-courtisans à la célèbre Maison des milles fleurs de la Chaussée du lac, lieu de plaisir et de jeux. Aussi, il n’est pas rare de voir des malfrats sur la Haute-Terrasse… notamment sur la Place des Exécutions !

Je vous ai dis six terrasses et pourtant vous n’en comptez que cinq ? Oui, car la sixième, chacun tente de l’oublier : il s’agit de la terrasse du Châtiment, un quartier maudit où les rues se métamorphosent de jour en jour et où des créatures de cauchemar vivraient. Car si la géographie de Laelith est si particulière, ce n’est pas un hasard : la cité a déjà subi le courroux des Dieux.

Il y a de cela 1016 ans, l’antique cité de Tanith Lenath prospérait. Les Hommes vivaient dans la débauche, exploitaient d’anciennes races du lac… jusqu’à en oublier de révérer les dieux. Jusqu’au jour où les Dieux en eurent assez et déclenchèrent le « Châtiment ». Le plateau se souleva, la cité fut enfouie sous la terre, le sol se fissura en deux et il fallut le courage d’un héros, Mandala, pour relever la cité. Après avoir renoué une alliance avec les Dieux, Mandala devint le premier Roi-Dieu de la nouvelle cité consacrée : ainsi naquit Laelith.
On notera aussi que les habitants parlent parfois d’une septième terrasse que l’on nomme le Cloaque : une « cité sous la cité », s’enfonçant dans des profondeurs inconnues, où les pires engeances résideraient – le terrible Empereur Démon Trévélian comploterait depuis des siècles contre la Cité Quatre Fois Sainte…

Depuis donc plus de mille ans, Laelith tire sa force de son lien étroit avec le sacré. Toutes les religions y sont représentées et y sont acceptées. La manne de pèlerins visitant la cité apporte prospérité à cette dernière. Laelith, c’est en effet pas moins de 80 000 résidents permanents et tout autant de visiteurs temporaires : croyants, marchands, aventuriers…

Afin de mettre de l’ordre dans ce grand bazar, Laelith est administrée par quatre temples représentant les quatre éléments principaux : le Temple de l’Oiseau de Feu, le Temple du Poisson d’Argent, le Temple du Crâne et le Temple du Nuage. Chacun des temples se partage le pouvoir sur la cité suivant ses compétences : l’Oiseau de feu régit les armées, le Poisson d’Argent le commerce, le Crâne le renseignement… Sans compter les multiples guildes qui, elles aussi, tentent de tirer leurs épingles du jeu. Néanmoins, tant les temples que les guildes doivent allégeance au Roi-Dieu, monarque divin unique de la cité. Il est à noter que le Roi-Dieu est élu parmi les quatre grands prêtres de chaque temple à la mort du précédent souverain : s’attaquer au Roi-Dieu, c’est s’attaquer à l’âme de Laelith même.

Que dire de plus ? Laelith a des voisins : six provinces qui se répartissent autour du lac gigantesque qu’est l’Altalith. Six provinces qui ont aussi leur agenda et qui nouent des relations intimes avec la Cité Mystique. Aussi, si vos personnages ont fait le tour de la Quatre Fois Cité Sainte (croyez-moi, cela n’arrivera pas de si tôt), ils pourront toujours s’expatrier dans le xénophobe Grand Duché d’Agramor, dans le Matriarcat d’Olizya où les femmes règnent en maître et autres lieux d’aventures tous plus alléchants les uns que les autres.

Laelith, la gamme

Pour finir, Laelith, ce n’est donc pas qu’une cité : c’est un univers à part entière. J’ai, personnellement, fait jouer pendant deux ans dans la ville sans avoir réussi à en faire le tour. La nouvelle gamme de Black Book Editions est monstrueuse :

  • Le livre de base « Laelith, la cité mystique » contient pas moins de 550 pages décrivant les sept terrasses (un scénario de 10 pages par terrasse, plans des terrasses, lieux emblématiques…), les alentours de la cité, ses secrets… on y a compté pas moins de 600 PNJ (on = moi),
  • Le livre « Règles » pour ceux qui souhaitent faire jouer Laelith en Chroniques Oubliées Fantasy ou en 5e édition (car tous les autres ouvrages ne contiennent quasi aucune caractéristique) et qui contient de nouvelles voies de profil/archétypes pour les deux systèmes, les caractéristiques des PNJ principaux…,
  • La campagne « L’ultime Châtiment » qui propose 6 scénarios dantesques sur 154 pages retournant aux origines de la cité,
  • Le « Recueil de scénarios de Denis Beck », 200 pages, 19 scénarios des éditions précédentes de Laelith (un poil d’adaptation serait nécessaire pour les jouer dans la version actuelle, mais il s’agit surtout d’un cadeau pour faire plaisir aux vieux),
  • Un « Recueil de plans » qui permet au MJ de partager avec ses joueurs les plans au format A4 (bien utile autour d’une table),
  • Six petits guides variés (guide du nouvel arrivant, serments et vœux, jargons, rumeurs, personnalités, aventures) pour agrémenter vos parties,
  • Un écran de maître du jeu bi-système mais surtout un livret décrivant une impasse de la Main qui Travaille illustrée par des photographies de maquette assez époustouflantes (JMMJ, si tu passes par là),
  • Un guide du joueur qui reprend des informations utiles du livre de base (cela évite de passer le pavé de 550 pages à ses joueurs),
  • Le livre « Laelithulhu » qui propose une adaptation de la cité pour y faire intervenir le mythe de Cthulhu,
  • Le livret « Pour une poignée de dés », une mini-campagne d’enquête urbaine écrite par Maxime Chattam

Si vous cherchez encore plus de ressources sur Laelith… ce lien vous mènera sur les forums de Casus Belli où j’ai domicilié mes scénarios, aides de jeux, bidules et machins… https://www.black-book-editions.fr/forums.php?topic_id=16126